Séminaire ETAPE n°5 – L’autogestion en pratiques

Cinquième séance du séminaire mensuel du groupe ETAPE sur le thème « Emancipation(s) et pragmatisme » :

– Janvier 2014 –

 

L’autogestion en pratiques

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autour du livre collectif L’autogestion en pratiques (Les éditions Albache, 2013)

A partir d’un texte de Rafael Perez (co-fondateur des éditions Albache)

 

Et avec :



Ils sont peu à avoir fait ce choix et pourtant ils existent. Métallos, menuisiers, boulangers, enseignants et lycéens, ils vivent l’autogestion au quotidien : dans ce petit livre publié aux éditions Albache, ils nous racontent leur expérience d’un regard sans concession, conscients des difficultés à faire vivre l’alternative dans une société capitaliste.

« Albache » est une jeune maison d’édition autogérée qui publie des textes littéraires et de sciences sociales donnant la parole aux acteurs des luttes et aux sans-voix. Ces livres colorés invitent ainsi à comprendre dominations et résistances à même les pratiques et les stratégies singulières, des carnets de bagnards du XXème siècle aux récits de la résistance antifranquiste.


Ce livre-ci, recueil de témoignages vivants intitulé « L’autogestion en pratiqueS », soulève à nouveau le problème de l’articulation entre radicalité et pragmatisme. D’abord, comment faire tourner une alternative en reproduisant le moins possible de rapports de pouvoir, au sein de cette société profondément hiérarchique et inégalitaire ? Ensuite, comment s’appuyer sur ces multiples initiatives locales ponctuelles pour élaborer des réponses concrètes à la mesure des problèmes globaux ?

Présentation de Rafael Perez

Contribution de Rafael Perez

Autogestion et pragmatisme

 

– séminaire du 17 janvier 2014 –

 

Le texte qui suit reprend et développe certains éléments de la préface rédigée pour « L’autogestion en pratiqueS » (Editions Albache, 2013) dont j’ai été invité à parler au séminaire ETAPE.

La visée de cet ouvrage, réalisé en lien étroit avec la Foire à L’Autogestion, est avant tout introductive. Il propose un choix de témoignages actuels qui sont autant de pistes et de suggestions : l’expérience argentine, le Lycée Autogéré de Paris, la scierie Ambiance Bois et  la boulangerie « la Conquête du Pain ». Si l’idée d’autogestion revient au cœur des débats, il est souvent difficile de la définir. Avant d’entrer dans le vif du sujet, je rappellerai donc ici quelques éléments généraux : le mot « autogestion » renvoie au fait de gérer soi-même, par opposition à la gestion effectuée de l’extérieur par une direction autoritaire. Autogérer commence donc par s’organiser pour que ce ne soit pas un-e dirigeant-e qui décide pour les autres. Le premier objectif est de décider ensemble, entre individus égaux, de ce que l’on fabrique, par exemple, de comment on va le  fabriquer, le diffuser, dans quel but, de quelles façons, etc. Les exemples regroupés par ce livre sont multiples, mais ils tournent autour d’un même principe : puisque c’est nous qui consommons, puisque c’est nous qui produisons, alors c’est à nous de décider !

Voilà une manière de présenter en peu de mots l’idée commune à ces différentes initiatives. Mais au-delà, cette reprise en main ouvre sur une remise en question radicale de la production et de la consommation, et des séparations qu’elle implique. Le Lycée Autogéré de Paris par exemple s’efforce de questionner la coupure entre personnel enseignant et personnel technique, et au-delà entre enseignant-e-s et élèves. L’autogestion est ainsi un point de départ pour remettre en question plus généralement les modes d’organisation hiérarchiques et autoritaires, qu’ils passent par l’Etat ou par une entreprise privé. C’est là l’enjeu de mon intervention, et je vais essayer maintenant de dégager différentes séries de problèmes qui ont trait plus spécifiquement au rapport entre autogestion et pragmatisme, sur lequel on m’a demandé d’intervenir.

Quand on s’intéresse à l’autogestion, on retrouve une tension entre sens faible et sens fort du terme de pragmatisme. On peut comprendre la notion de pragmatisme en un sens faible, comme une manière d’accepter les contraintes de la pratique, de s’y adapter, de parer au plus pressé ou de choisir les solutions les plus faciles à mettre en œuvre. Mais on peut aussi la concevoir en un sens plus fort, comme une conception qui mesure la valeur d’une idée à la manière dont elle nous permet d’agir sur le réel, et qui cherche à écarter de manière critique les théories ou les débats qui ne changent rien dans la pratique.

En un premier sens, les tentatives autogestionnaires peuvent d’abord être reconnues dans une perspective anarchiste comme des points de levier pour questionner l’organisation hiérarchique et inégalitaire du travail et de la société. Il ne s’agit certainement pas de vouloir à tout prix coller un logo ou un label anarchiste à des expériences très diverses dans leurs motivations, leurs fonctionnements, leurs productions… Mais il y a là quelque chose qui doit être observé de près pour quiconque pense qu’il est possible et intéressant de s’organiser sans gouvernement, et plus largement, en combattant les dominations. Les expériences autogestionnaires peuvent être analysées comme des mises à l’épreuve des grandes idées anarchistes : un moyen de les confronter aux difficultés concrètes, de les affiner, de les dépasser ou de les renforcer. En ce sens, l’autogestion ne doit pas devenir un nouveau mythe ; il nous faut faire, sans mauvaise foi ni complexes, le bilan pratique de ces tentatives contemporaines, afin de pouvoir en tirer réellement les leçons. C’est dans cet esprit que nous avons constitués cet ensemble de témoignages. Par opposition à un certain anarchisme idéaliste, on peut ainsi comprendre à un premier niveau pourquoi l’autogestion est du côté d’un certain pragmat-isme, au sens tout simplement déjà d’une confrontation à la pratique.

Mais c’est bien le seul -isme qu’il est légitime d’accoler aux pratiques autogestionnaires. A mes yeux, mesurer l’écart entre autogestion et anarchisme n’est pas au fond l’approche la plus intéressante : au contraire, les expériences autogestionnaires sont stimulantes dans la mesure où elles explorent de multiples voies nouvelles, au-delà des grands systèmes en -isme qui prétendent avoir réponse à tout. Par opposition aux systèmes politiques unifiés, pensés et exécutés de bas en haut, les expériences autogestionnaires font figure de politiques par en bas, reconstruites dans les vides et les failles des grands projets totalisants. Mon but est ici de montrer comment et à quelles conditions l’autogestion peut être une politique pragmatiste au sens fort. L’autogestion n’est pas une politique « conçue pour » les travailleur-e-s, c’est une politique qui s’élabore à même les difficultés de l’action quotidienne, du travail, et des luttes. L’autogestion n’est donc pas une formule magique, une panacée, ni  un programme politique achevé : il faut s’en saisir, la faire évoluer, l’adapter, la perfectionner. L’autogestion est beaucoup moins une réponse qu’une manière de poser les questions, un espace de luttes et d’expérimentations ; beaucoup moins une théorie politique qui cherche à s’appliquer, qu’une politique qui se développe et s’affine à même des questionnements pratiques immédiats.

J’aimerais marquer ici deux lignes de questionnements, deux endroits où ça accroche, et où ce rapport entre autogestion et pragmatisme va poser problème : un volet interne, et un volet externe. D’abord, au sein d’un collectif, si la prise de décision autoritaire est si habituellement admise comme une réponse pragmatiste, comment l’idée d’autogestion peut-elle devenir concrètement une arme pour affronter la question du pouvoir et non une manière de le mettre à distance ? Ensuite, à l’échelle de la société, à quelles conditions ces multiples pratiques et initiatives locales qui font face à des problématiques particulières immédiates très différentes peuvent-elles s’articuler et déboucher sur une perspective d’ensemble et de long terme à la mesure de la crise globale et radicale que nous traversons ?

Pour sortir des chemins balisés des fonctionnements hiérarchiques, il faut d’abord ne plus accepter le pouvoir : refuser de le subir comme de l’exercer. Si on repart des fondamentaux, l’essentiel dans la démarche autogestionnaire, c’est déjà de se dire que les inégalités et les rapports de pouvoir ne sont pas une fatalité, qu’ils ne sont pas naturels : on peut les affronter consciemment, et y trouver des solutions collectivement. Mais ce processus n’est pas facile, et les témoignages recueillis manifestent aussi un certain nombre de difficultés dont il faut prendre conscience. Les acteurs et actrices des expériences autogestionnaires que nous avons rencontrés expriment souvent une certaine frustration en constatant qu’on ne se débarrasse pas si facilement du pouvoir. Des phénomènes de pouvoir se développent précisément au nom d’un certain « pragmatisme ». Des rapports inégalitaires perdurent ou apparaissent. Certaines structures de pouvoir globales se manifestent à nouveau dans les expériences autogestionnaires, ainsi les rapports de genre, ou les problèmes de prise pouvoir par la parole. Et bien souvent, on reproche à leurs critiques, et en particulier aux féministes, de retarder ou inhiber l’action collective. En outre, des relations déséquilibrées se développent plus spécifiquement dans les expériences autogestionnaires en fonction de l’ancienneté dans l’expérience, des différents degrés d’implication, des diverses compétences acquises… Il paraît plus efficace à court terme que celui ou celle qui a les compétences prenne les responsabilités, sans compter que le collectif a parfois tendance à se décharger des tâches laborieuses sur une personne qualifiée.

Pire, et paradoxalement, tout se passe trop souvent comme si le caractère autogestionnaire de ces expériences les handicapaient quand il fallait se confronter à ces questions de pouvoir : parler de pouvoir apparaît parfois comme l’insulte suprême, ou le tabou absolu. Certain-e-s semblent croire qu’il suffit d’être entre anarchistes pour que la question du pouvoir soit résolue. Des témoignages sélectionnés ici, se dégage au contraire l’idée qu’on ne peut affronter la question des rapports de pouvoir, qu’à condition de commencer par accepter de la regarder en face : combattre les logiques de pouvoir, ce n’est pas nier leur existence, mais en prendre le plus possible conscience et les remettre constamment en question dans la pratique.

En effet, d’un autre point de vue, il est crucial de se rendre compte que le pouvoir n’est pas une réponse pragmatiste, mais un problème d’organisation. Les phénomènes de pouvoir sont associés à une mauvaise circulation : de l’information, des savoirs, savoirs-faires, compétences, rôles, reconnaissance, attention, ressources, moyens, etc. Contrairement à ce que serine le discours dominant, il apparaît qu’à cause des phénomènes de pouvoir, l’action collective perd de la fluidité, de la cohésion et de la force. Le pouvoir est une relation bloquée, déséquilibrée, où les ressources sont concentrées et immobilisées en un point du collectif. En ce sens, l’organisation autoritaire est une habitude commode plus qu’une disposition efficace. On  nous a toujours appris à subir les décisions des chefs, de dirigeant-e-s, il faut changer nos habitudes, forger nos armes contre l’autorité, chercher par contraste des équilibres vivants, des modalités d’organisation et de prises de décision où chacun-e trouve sa place.

Les expériences autogestionnaires pointent ainsi vers un dépassement ou un approfondissement dans la pratique des grands principes théoriques de l’anarchisme. Dès lors, il s’agit de se demander en pratique comment construire de l’égalité entre des personnes qui ont des parcours, des formations, et des compétences très différentes. Comment élaborer des réponses pragmatistes sans produire ou reproduire des rapports de pouvoir ? Deux grandes réponses se dégagent ici, deux options expérimentées dans les collectifs, deux manières de combattre le pouvoir. La première consiste à dire que le pouvoir existe et qu’il faut se préoccuper de sa distribution : le risque est alors d’ancrer des inégalités existantes. La seconde consiste à combattre systématiquement les déséquilibres dans les prises de décision et leurs mises en œuvre : il faut alors attacher une attention toute particulière à ne pas casser les dynamiques et les volontés d’agir. Plutôt que deux options opposées, il s’agit en réalité de deux tendances. Ces chois dépendent aussi du type de projets : les enjeux ne sont pas les mêmes pour un lycée ou pour une scierie. Ainsi, les chemins explorés pour construire des fonctionnements à la fois égalitaire et souples, qui n’écrasent pas l’initiative individuelle et les porteur-e-s de projets, sont divers et doivent constamment s’adapter pour trouver des formes d’équilibre dynamiques.

 

C’est un des deux versants de la discussion, qui portent sur des problèmes internes aux expériences autogestionnaires, mais un autre aspect reste particulièrement délicat. Comment articuler des initiatives si différentes au sein d’un projet capable de répondre à une crise globale et de changer réellement la société ? C’est là toute la question et toute la difficulté. Car l’autogestion est encore et toujours exposée au piège de l’alternativisme : au risque de l’enfermement dans un petit îlot alternatif au milieu d’un océan d’inégalités et de crises. Pire, quand les entreprises autogérées restent isolées les unes des autres, on pourrait presque parler d’auto-exploitation. Elles sont en effet soumises à la concurrence, et doivent entrer dans les mêmes impératifs de production et de rentabilité. Les mécanismes économiques d’ensemble auront alors tôt fait de les rattraper, et de menacer leur viabilité, le maintien de l’activité, le paiement concret des salaires.

Cela pose la question du statut des expériences autogérées ponctuelles (micro) relativement à la globalité d’une société (macro). C’est un deuxième écueil des politiques pragmatistes. Ce point me paraît particulièrement important si on veut construire un lien entre pragmatisme et autogestion, et se demander ce que peut être une politique pragmatiste. On part du local, du ponctuel, mais on fait face à des logiques globales, qui peuvent sembler écrasantes. Selon une ligne dure, l’autogestion ne pourra vraiment être mise en œuvre que quand le capitalisme n’existera plus : les expériences actuelles sont en effet souvent contraintes d’entériner une différence consommateur-producteur, et ne remettraient pas assez en cause le salariat et les échanges marchands. Pour ma part, cette vision me paraît bien réductrice, et bien figée. Elle ne perçoit pas suffisamment l’autogestion en termes de processus et de conflictualité ; et surtout, au plan pratique, elle ferme la porte aux possibilités d’expérimentation actuelles, aux leçons qu’elles nous permettent de tirer, aux points de levier qu’elles peuvent apporter.

En tout cas, face aux indéniables capacités d’intégration et de régénération du capitalisme et de l’Etat, ce qui est clair, c’est qu’un projet autogestionnaire ne garde sa signification et sa force qu’à condition d’être dans une dynamique de lutte. Il faut donc aussi entendre ici autogestion au sens fort : elle ne se réduit pas à un moyen neutre, mais indique déjà une perspective plus large et porte finalement en germe l’exigence d’une autre organisation sociale. La crise actuelle apparaît comme une situation instable où les lignes bougent, où des failles s’ouvrent : nouveaux risques mais aussi nouvelles possibilités. Les organisations politiques et syndicales traditionnelles paraissent désemparées face à ces reconfigurations, et débordées par les solutions instables qui s’inventent sur le terrain (entre solidarité, débrouille, et repli réactionnaire). En outre, l’autonomie aussi semble dans une phase de déclin où elle se borne à répéter les pratiques émancipatrices du passé face à des dispositifs de pouvoir qui s’y sont adaptés, ou à déborder à la marge les mouvements sociaux dont les organisations politiques et syndicales continuent de déterminer le cadre général. C’est justement là que les expériences autogestionnaires peuvent apporter un nouveau souffle aux politiques pragmatistes. En outre, ces projets ouvrent des voies de réponse au double visage de la crise – économique et politique – en cherchant à dépasser la coupure entre économie et politique. Des réponses concrètes se développent ainsi sur le mode de l’auto-organisation, sans attendre que les solutions économiques tombent d’en haut, et dans une position très critique et désabusée vis-à-vis des réponses étatiques. Cela ne signifie pas nécessairement l’inutilité totale des organisations politiques ou syndicales traditionnelles (en tout cas dans la mesure où leurs discours n’enferment pas les pratiques, mais peuvent les intensifier, et les motiver) mais les remet à leur place face à ce qui s’invente socialement, en réponse à un contexte social de crise économique et politique. Sans céder à l’idéalisation, les expériences autogestionnaires apparaissent comme un levier pour inventer des voies nouvelles, au-delà des grands systèmes en –isme qui prétendent avoir réponse à tout.

Par-delà le communisme ou l’anarchisme auxquels les militant-e-s se réfèrent parfois, les expériences autogestionnaires explorent de nouvelles voies dans la pratique, et dégagent de nouvelles pistes. Elles donnent du grain à moudre pour inventer une révolution qui ne soit pas une prise de pouvoir ou l’imposition d’un système unifié, mais un processus pluriel d’auto-organisation qui renverse dans la pratique les principaux dispositifs de pouvoir. Si ce mouvement part d’une irréductible pluralité locale, cela ne signifie donc pas l’abandon de toute perspective de transformation d’ensemble, à la manière de celles et ceux qui ont récupéré le terme « autogestion » pour pousser les travailleur-e-s à participer à leur propre exploitation. Une démarche pragmatiste au sens fort n’oublie pas les problèmes de long terme et les structures d’ensemble : la diffusion de l’autogestion pourrait permettre à la fois la réappropriation des moyens de production et la participation directe aux décisions concernant ce que nous produisons, et au-delà notre manière de vivre. Face aux processus d’étatisation, unifiants, normatifs et hiérarchiques, l’enjeu des politiques autogestionnaires est de cultiver et disséminer ainsi des pratiques et processus d’auto-organisation à la fois égalitaires et multiples. Cela renvoie aussi à d’autres manières de désigner une perspective révolutionnaire, et d’agir dans ce sens.

 

Certes, le système économico-politique dans son ensemble doit être remis en question : il nous faut construire une réelle alternative. Mais cette alternative doit se construire à même des pratiques locales et singulières : les expérimentations autogestionnaires sont autant de brèches, de points de levier, et de manières de nous poser des questions sur ce que nous voulons vraiment. Au-delà de la crise des grands modèles, les multiples formes d’entraide et de projets coopératifs qui combattent les fonctionnements hiérarchiques et les logiques de pouvoir sont autant de lieux où inventer des perspectives différentes. C’est dans la pratique qu’on apprend à s’organiser autrement. Les mythologies politiques sont aussi enthousiasmantes intellectuellement que décevantes dans leurs applications : aucun projet ne tombera d’en haut, mais il s’invente déjà dans les interstices et les zones d’ombre. L’herbe pousse entre les dalles. Ici le nom de politiques pragmatistes ne renvoie donc pas au registre des techniques de pouvoir, mais au contraire à ces manières de s’organiser concrètement face aux enjeux de domination et d’exploitation. En outre, pour dépasser le niveau instrumental du pragmatisme, elles doivent être portées par une double exigence : ne pas faire du pouvoir un tabou mais l’affronter comme un problème d’organisation, ne pas perdre de vue l’horizon large mais  faire vivre la perspective d’une révolution plurielle et auto-organisée. A ces conditions, les expériences autogestionnaires pourront véritablement être des politiques pragmatistes au sens fort.

 

Rafael Perez